La dépression Post-Partum
La dépression post-partum est encore aujourd'hui un problème de santé mental sous-estimé.
Si vous avez manqué l'émission "Une pilule une petite granule" sur la dépression post-partum diffusée à TéléQuébec, lisez le texte qui suit ou voyez l'extrait vidéo de l'émission via leur site internet à l'adresse qui suit:
La dépression post-partum est un problème de santé mentale sérieux et
très répandu. Il s’agit d’une dépression sévère qu’il faut bien distinguer du
baby-blues. Ce dernier est en fait un état de tristesse et de fatigue qui dure
généralement 2 ou 3 jours, et qui survient dans les 2 semaines suivant
l’accouchement. Dans le cas de la dépression post-partum, on a affaire à autre
chose. Les symptômes peuvent se déclarer jusqu’à 3 mois après l’accouchement et
durer très longtemps.
Un problème de santé mentale sous-estimé
C’est après la naissance de son second enfant que Guylaine Gauthier voit sa
vie basculer. Déjà maman d’une petite fille de 2 ans, elle peine à répondre aux
demandes continuelles de son nourrisson. L’allaitement exige beaucoup d’efforts
de sa part. Et pour cause, son bébé demande à boire aux 2 heures, ce qui lui
donne très peu de temps de répit. À son immense fatigue s’ajoutent des pertes de
mémoire, des problèmes de concentration et une continuelle anticipation des
tâches à venir. Plus les semaines passent, et plus Guylaine sombre dans la
dépression post-partum, sans que personne ne semble s’inquiéter de son sort… Au
contraire, tous semblent plutôt tenter de minimiser ses souffrances : «Chaque
fois que je disais à quelqu’un que j’étais fatiguée, raconte-t-elle, on me
disait “C’est normal que tu sois fatiguée, tu as de jeunes enfants. C’est normal
que tu trouves ça difficile… Toutes les femmes passent par là…”»
Inhalothérapeute de métier, Guylaine était pourtant familière avec le milieu
de la santé. Malgré cela, il lui faudra des mois pour obtenir un diagnostic de
dépression post-partum et l’aide médicale appropriée. Une aide qu’elle aurait
aimé recevoir beaucoup plus tôt.
«Tout le monde a entendu parler de la dépression post-partum, poursuit-elle,
mais il n’y a pas beaucoup de monde qui sait jusqu’où ça va…» À son souvenir,
une seule personne lui a parlé de cette forme de dépression avant que son
cauchemar ne débute. C’était à sa sortie de l’hôpital, à la naissance de son
bébé. Parmi les nombreuses indications d’usage, l’infirmière avait alors prévenu
Guylaine que si elle se sentait très fatiguée ou déprimée, elle devait en parler
à son médecin, d’autant plus qu’elle avait déjà souffert d’une dépression dans
le passé. «Mais j’en ai parlé à mon médecin, soutient Guylaine. Mais ça a pris
10 mois… Il était trop tard… Il aurait fallu qu’on me prenne en charge beaucoup
plus tôt.»
Psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, Marie-Josée
Poulin confirme que la dépression post-partum fait partie des complications
psychiatriques périnatales autour desquelles il existe encore beaucoup de
méconnaissance et de confusion. C’est pourquoi il n’est pas rare que les femmes
qui en souffrent, comme Guylaine, sentent que les intervenants de la santé
tentent de minimiser leur problème.
Mais de quoi s’agit-il exactement? «La dépression post-partum en fait, ce
sont tous les mêmes symptômes qu’une dépression majeure, explique la Dre Poulin.
Mais étant donné qu’on parle de la période postnatale, les sentiments de honte
et de culpabilité vont être extrêmement importants.» En effet, nombre de femmes
ne comprennent pas pourquoi elles se sentent aussi mal, avec un beau bébé en
santé, un conjoint, et que tout devrait bien aller… «L’ego maternel est
extrêmement bas, ajoute la psychiatre, et si la dépression post-partum continue
à évoluer, ça peut devenir extrêmement dramatique dans certaines
circonstances.»
Différentes formes de dépression post-partum
La dépression post-partum peut s’expliquer par différents facteurs, précise
la Dre Marie-Josée Poulin. Il est clair que les fluctuations hormonales jouent
un rôle capital dans le déclenchement de ce type de dépression : «Une femme qui
est enceinte va vivre des fluctuations d’hormones qui vont être les plus fortes
qu’elle n’a jamais connues. On dit que les œstrogènes et la progestérone sont
mille fois supérieurs à la fin de la grossesse, qu’elles ne le sont en temps
normal. On peut donc s’attendre à ce qu’il y ait des répercussions.»
À ces extraordinaires fluctuations hormonales, il faut comprendre que toutes
les femmes ne réagissent pas de la même manière, nuance Marie-Josée Poulin. «On
sait maintenant qu’il y a des récepteurs à œstrogènes et à progestérone partout
dans le cerveau, y compris dans les zones du cerveau qui s’occupent du
traitement des pensées et du contrôle des émotions. Et 6 à 8 % des femmes dans
la population sont particulièrement sensibles à ces fluctuations d’hormones et
pour qui la grossesse représente un défi pour la santé mentale.» Il semble
également que les femmes qui ont déjà souffert d’une dépression, plus tôt dans
leur vie, sont également plus à risque d’en vivre une nouvelle en période
post-partum.
L’attachement ébranlé
Lorsque la dépression post-partum s’est installée chez Guylaine, celle-ci
était loin de se douter que sa santé mentale était en cause. Au contraire, elle
avait plutôt tendance à tout mettre sur le dos de ses enfants : son aînée
exigeait trop d’attention de sa part, son bébé ne voulait pas dormir et c’était
bien de leur faute si Guylaine passait de si mauvaises journées… Bref, les
enfants étaient devenus ses boucs émissaires. Ce que Guylaine ignorait, c’est
que cette frustration était le résultat de sa dépression qui détériorait la
qualité de son attachement à ses enfants.
«Dans la dépression post-partum, explique Marie-Josée Poulin, il peut y avoir
des troubles de l’attachement au bébé qui vont se manifester par une absence ou
perte de l’attachement qui avait été développé, ou par un attachement fusionnel.
La mère devient symbiotique avec son bébé. Parfois, l’attachement ne sera pas
touché par la dépression post-partum.»
Des obsessions bouleversantes
En plus des troubles de l’attachement, la dépression post-partum peut générer
d’autres troubles, notamment des troubles de l’anxiété. Parmi ceux-ci, on
retrouve notamment le trouble obsessionnel compulsif périnatal qui peut se
développer vers la fin de la grossesse ou en période post-partum. Il s’agit d’un
trouble qui peut être particulièrement bouleversant pour les femmes qui en
souffrent. «C’est un trouble qui va se manifester par des obsessions, poursuit
la Dre Poulin, c’est-à-dire des idées folles, étranges, anormales et morbides,
que la femme sait folles, étranges, anormales et morbides et qu’elle essaie à
tout prix de chasser, et qui peuvent être associées à une peur de passer au
geste.»
Dans certains cas, ces pensées obsédantes peuvent prendre des formes
absolument déroutantes : la mère peut s’imaginer tuer son enfant à coup de
couteau. S’il est extrêmement rare qu’une mère passe réellement à l’acte, il
n’en demeure pas moins que la récurrence de telles obsessions peut générer une
très grande souffrance chez les femmes qui en souffrent.
«Il est très important que les femmes sachent que ça existe, plaide
Marie-Josée Poulin. Les obsessions morbides peuvent être une complication de la
grossesse, comme la prééclampsie, comme le diabète, comme d’autres
complications…»
Au pire de sa dépression, Guylaine a connu de telles idées. À un certain
moment, elle a imaginé poignarder son bébé avec un couteau de cuisine. Aussitôt
prise de culpabilité par cette idée, elle était si furieuse contre elle, qu’elle
souhaitait subitement s’ouvrir les veines. «J’avais peur de ce que je pouvais
faire à mes enfants, ou à moi-même, confie-t-elle. C’était eux ou c’était
moi.»
Dans certains cas, les femmes qui font des dépressions post-partum
doivent être hospitalisées. Imaginez le déchirement que ça représente pour une
mère de devoir se séparer de son enfant dans de telles circonstances…
L’hospitalisation
Après plusieurs mois d’immense détresse, Guylaine n’en pouvait plus. Et quand
son médecin lui a finalement diagnostiqué une dépression post-partum, le choc a
été pour elle particulièrement brutal. «C’était comme si on venait de me donner
une gifle dans le visage, se souvient-elle, car j’ai toujours pensé que c’était
les enfants qui étaient le problème. Et tout d’un coup, on me disait que c’était
peut-être moi, le problème…»
Inquiète des gestes qu’elle pourrait poser contre ses enfants ou contre
elle-même, Guylaine ne se sentait même pas la force d’attendre que les
antidépresseurs que son médecin lui proposait fassent effet. Finalement,
Guylaine et son médecin ont dû envisager l’ultime solution :
l’hospitalisation.
Par la suite, les événements se sont bousculés pour Guylaine car un séjour à
l’hôpital impliquait pour elle plusieurs sacrifices, comme se séparer de ses
enfants. Hospitalisée pour une période de 8 semaines, elle a dû se résigner du
jour au lendemain à ne plus allaiter son fils – qu’elle allaitait encore toutes
les 2 heures – et à ne plus voir ses enfants tous les jours. Un choc intense
pour une mère déjà très souffrante.
Urgence psychiatrique : pas de passe-droit pour les
mamans
L’histoire de Guylaine n’est malheureusement pas exceptionnelle au Québec.
Car contrairement à d’autres systèmes de santé, notamment en Angleterre et en
Australie, les mères hospitalisées à l’urgence psychiatrique n’ont droit à aucun
service spécifique, déplore la psychiatre Marie-Josée Poulin. C’est ainsi qu’une
femme qui allaite doit subitement se départir de son soutien-gorge et de ses
compresses d’allaitement pour revêtir comme tout le monde une jaquette
d’hôpital. Et il y a de fortes chances qu’elle ait à séjourner plusieurs jours à
l’urgence, complètement séparée de son bébé, avant d’obtenir un lit dans le
département de psychiatrie générale, non adapté à sa condition de jeune maman.
«Il n’y a aucune unité d’admission mère-enfant, poursuit-elle, où on pourrait
hospitaliser une maman et où elle pourrait recevoir son enfant.»
Marie-Josée Poulin tente depuis 25 ans d’ouvrir une unité d’hospitalisation
psychiatrique mère-enfant. Si elle n’a pas encore réussi à concrétiser ce
projet, elle a tout de même réussi à forcer un compromis à l’Institut
universitaire en santé mentale de Québec, où les mères hospitalisées peuvent
recevoir leur enfant pendant la journée, pourvu qu’elles soient accompagnées
d’une tierce personne.
Retour à la maison
À son retour de l’hôpital, après 8 semaines d’hospitalisation, Guylaine a dû
traverser une nouvelle période d’adaptation, malgré son soulagement de retrouver
ses enfants après une si longue période de séparation. «J’avais beaucoup de
temps à reprendre avec mes enfants, explique-t-elle. J’ai manqué le premier
anniversaire de mon fils, j’ai manqué sa première entrée à la garderie. J’avais
du temps à reprendre et je voulais tellement en passer beaucoup avec eux, mais
en même temps, l’irritation revenait aussi.»
Facilement dépassée par les crises de ses enfants, Guylaine n’a pas trouvé la
transition facile. Mais aujourd’hui, elle se dit très satisfaite du suivi
qu’elle reçoit à son CSSS local : «Je suis suivie par quelqu’un qui peut
m’écouter, qui peut jouer avec ma médication et enfin, je me sens vraiment
entourée.»
Les traitements pharmaceutiques
Dans la grande majorité des cas de véritable dépression post-partum, un
traitement pharmacologique est nécessaire, soutient Marie-Josée Poulin, et il
s’agit généralement d’antidépresseurs. Dans les cas de mères qui allaitent, il
est possible de choisir un produit qui ne soit pas contre-indiqué avec
l’allaitement. «Mais ce n’est pas suffisant de prendre un antidépresseur,
prévient Marie-Josée Poulin, comme dans toutes les autres formes de dépression,
et encore davantage, selon moi, pour les dépressions post-partum.»
En complément de la médication, Marie-Josée Poulin préconise de recourir à la
psychothérapie et de vérifier la qualité de la vie familiale et conjugale. «On
va évaluer la famille aussi, poursuit la Dre Poulin, car la dépression
post-partum peut avoir un impact sur la famille et sur les enfants qui sont
là.»
Un problème culturel
Loin d’être marginal, la dépression post-partum est un problème de santé
mentale en pleine expansion : au cours des vingt dernières années, le taux de
dépression post-partum en Amérique du Nord est passé de 13,6 % à 19,6 %. Comment
expliquer cette augmentation?
«On ne peut pas imputer la hausse de l’incidence des dépressions post-partum
à l’impact hormonal, soutient Marie-Josée Poulin. On ne pourrait pas expliquer
qu’en si peu d’années, en 20 ou 30 ans, la biologie cérébrale féminine se soit
modifiée aussi rapidement.» Pour cette psychiatre, il importe avant tout de
regarder les facteurs culturels et psychosociaux qui pourraient expliquer la
hausse de ce type de dépression.
Au banc des accusés, Marie-Josée Poulin pointe du doigt le syndrome de la
superwoman qui pousse les femmes à vivre une grossesse parfaite, tout en
travaillant et en suivant leurs cours prénataux. Poussées par ce désir de
perfection, un nombre croissant de femmes idéalisent leur accouchement, leur
allaitement et leur rôle maternel. Accoucher sans péridurale et sans déchirure,
allaiter avec le sourire malgré les gerçures et les crevasses aux mamelons,
retrouver son apparence physique très rapidement : les défis des nouvelles
mamans sont de plus en plus élevés. «C’est uniquement en Amérique du Nord qu’on
voit ça, souligne Marie-Josée Poulin, et on a à lutter contre ça.» Des études en
sociologie ont d’ailleurs démontré que les Italiennes vivent moins de dépression
post-partum que les Québécoises, et cette différence serait avant tout
attribuable à des facteurs sociaux, comme le soutien de la famille et du réseau
social après une naissance.
«On est le Tiers Monde ici pour les ressources après la naissance d’un
enfant, dénonce Marie-Josée Poulin. Après la naissance, les femmes ont besoin de
récupérer. Un accouchement c’est naturel, mais ça ne veut pas dire que c’est
facile.»
«Qu’est-ce qui se passe dans notre société nord-américaine qui fait que le
taux de dépression post-partum a augmenté?» questionne la psychiatre. Parmi les
diverses explications possibles, elle déplore la disparition de la tradition des
relevailles. «Avant, jamais les femmes n’étaient laissées seules avec un
nouveau-né à la maison. Il y avait toujours une femme qui venait à la maison
pour les aider, les supporter, s’occuper du petit bébé et des autres enfants. En
Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, c’est encore comme ça. Et si nous sommes
très développés dans plusieurs domaines dans notre société, honnêtement, pour ce
qui est des ressources, des services et de notre mentalité, nous sommes
sous-développés pour la période postnatale.»
La psychose post-partum
De l’avis de la Dre Marie-Josée Poulin, la psychose post-partum est la pire
de toutes les urgences psychiatriques. Elle survient rapidement, très tôt après
l’accouchement. Il s’agit d’un état confusionnel accompagné d’hallucinations et
de beaucoup d’agressivité, qui peut mettre en danger non seulement la santé de
la mère, mais aussi celle du nouveau-né. Et dans ce cas, l’hospitalisation
devient nécessaire.
Cauchemar
Après la naissance de ses jumeaux, Hélène Grondin a vécu l’un des pires
cauchemars qu’une mère puisse traverser. Agressivité, hallucinations, jugement
altéré, paranoïa : elle a graduellement sombré dans une psychose post-partum,
mais sans que son entourage ne s’aperçoive tout de suite de la gravité de la
situation. Quand son conjoint s’est finalement résigné à appeler l’ambulance,
Hélène refusait catégoriquement de se séparer de ses enfants – à un point tel
que les policiers ont dû intervenir pour l’emmener de force à l’hôpital.
Psychose post-partum et bipolarité
Tout comme dans la dépression post-partum, il semble que les brutales
fluctuations hormonales jouent un rôle clé dans le déclenchement de la psychose
post-partum et certaines femmes y seraient plus sensibles, comme les femmes
souffrant du trouble bipolaire.
«La psychose post-partum est beaucoup
plus rare que la dépression post-partum, explique la psychiatre Marie-Josée
Poulin. La psychose post-partum va toucher 1 patiente sur 1000 à 2000 dans la
population en général. Mais par contre, elle va toucher environ le tiers des
femmes qui sont déjà connues pour un trouble bipolaire de type 1.»
Le mot d’ordre : réagir rapidement
«Les symptômes de la psychose post-partum sont d’abord des symptômes de
confusion, explique Marie-Josée Poulin, comme ne plus reconnaître ses proches.
Ou croire que son bébé n’est pas son bébé, mais un autre bébé qui a été changé.
Il y a beaucoup de délires et d’hallucinations dans la psychose post-partum.»
Quand de tels symptômes se présentent, une seule réaction s’impose : emmener
immédiatement la mère dans un centre hospitalier. Si rien n’est fait, il est
clair que la santé et la sécurité de la mère ainsi que celle de son enfant, ou
même de ses autres enfants, risquent d’être compromises.
De ce terrible portrait des psychoses post-partum, une bonne nouvelle doit
toutefois être soulignée : il s’agit de problèmes de santé mentale très faciles
à soigner si les traitements sont administrés rapidement.
Tout comme Guylaine, Hélène a vécu difficilement son passage à l’hôpital. À
son arrivée, elle a été enfermée dans une toute petite chambre et les préposés
ont tenté de lui retirer son soutien-gorge, de peur qu’elle l’utilise pour se
pendre. Affolée, elle se demandait comment elle pourrait supporter d’être
séparée de ses 2 enfants et comment elle ferait pour les allaiter.
Le traitement pharmacologique
Après que cet épisode psychotique se soit résorbé, Hélène a reçu un
diagnostic de bipolarité et commencé un traitement pharmacologique approprié.
Après un an, sous recommandation de Marie-Josée Poulin, sa psychiatre traitante,
elle a tenté de s’en sevrer, mais sans succès. Elle a vécu une rechute et
ensuite dû se résigner à prendre cette médication toute sa vie.
«On considère la psychose post-partum comme une variante de la maladie
bipolaire, rappelle Marie-Josée Poulin. Par contre, lorsqu’il s’agit d’un
trouble qui survient en cours de grossesse ou après un accouchement, comme la
psychose post-partum, nous allons faire très attention de ne pas poser un
diagnostic définitif. Car un pourcentage non négligeable des femmes qui font un
épisode de psychose post-partum n’en vivront jamais un autre épisode au cours de
leur vie.»
Habituellement, les patientes suivent un traitement pharmacologique pendant
deux ans, après lesquels les psychiatres tentent de diminuer graduellement la
médication. «Si ça va bien, on cesse la médication, explique Marie-Josée Poulin,
mais pour d’autres femmes, quand on essaie de diminuer la médication, même au
cours des mois ou des années qui suivent, on se rend compte que la psychose
post-partum était en fait le premier épisode d’une maladie affective bipolaire
de type 1 qui a commencé de cette façon-là et qui va nécessiter un traitement
pharmacologique au long cours.»
L’histoire se termine heureusement bien pour Hélène et sa famille. Malgré
tout le choc et l’émoi causés par cet épisode psychotique qui a marqué l’arrivée
au monde de ses jumeaux, Hélène se sent aujourd’hui très bien grâce à sa
médication. Et si elle a longtemps caché cette expérience en raison des tabous
qui entourent encore les problèmes de santé mentale, elle se sent aujourd’hui
plus libre d’en parler, d’autant plus que le bien-être de sa famille témoigne de
sa guérison.
Ressources utiles
* Source : Téléquébec.tv, Une pillule une petite granule, Émission 13 octobre 2011